Billet oye 052018

Le billet "de bonne humeur" de Marcel

 

En Mai, fait ce qu'il te plait !...

Marcher ou courir en campagne un matin de printemps...

S’en aller dans le Brionnais, s'aérer, se dépenser faire un effort pour une riche récolte de bonheur...

Des parfums affluent en cascades, des subtils qui charment, des doux qui enveloppent, des suaves qui emportent vers des rêves peut être inaccessibles et des tout simples qui arrivent là juste pour notre plaisir.

Des petits sentiers herbeux entre deux haies bien vertes, des fleurs à la palette variée : des myosotis et leur bleu d’aquarelle, des sans nom rose tendre, d’autres blanches si lumineuses…. Le bouton d’or parade dans les prairies, un genêt isolé offre sa bouche béante, le pissenlit laisse se disperser sa sphère de semences d’avenir sous les assauts répétés d’une brise légère, un marronnier esseulé se gonfle d’importance et de majesté avec ses grandes fleurs en panache ascendant…

C’est quelque part sur les sentiers d’Oyé… de lourds bovins blancs si fiers de leur race ne lèvent même pas la tête… De légers coureurs filiformes filent comme le train en se jouant des ornières creusées par les imposants tracteurs… leur regard consulte la montre et sa multitude de données mais ils sont dans le bien-être et le sentir bien, la nature si belle les entoure de calme...Des filles multicolores progressent dans un chemin bordé de clôtures   de pierres murant deux prairies, les taches de leurs vêtements illuminent ou bien disparaissent au gré du cheminement et de la végétation... une palette gracieuse qui aurait tant inspirer  Marie Laurencin…avec de doux tons pastels , des couleurs vives et crues et des nuances passe partout ….Et quand le ruban de brume se disloque sous les ardentes piques du soleil levant on peut découvrir des demeures cossues qui attirent le regard ou d' imposants châteaux  respirant l' opulence et de paisibles maisons inspirant le bien vivre ...Les grosses pierres de ces murs se taisent, tapies dans un silence, si elles avaient la parole que ne raconteraient-elles pas ?... cabossées, usées, fendues, parfois moussues, elles ont tout vu , tout entendu  et tout  surpris : les gosses au retour de l' école et leurs chamailleries, les amoureux en quête de violettes et de baisers, les retours titubants les jours de foire, les fuites des braconniers, les intellectuels en pensées ou prières, les promeneurs paisibles et sans but,  les pèlerins peut-être , les méditatifs, les amants suspicieux craignant d' être surpris…tant de souvenirs d' hier et d' aujourd'hui et tant d' autres à venir demain...

Courir, marcher sur ces sentiers déclenchent une multitude d’envolées, de départs et de rêveries… les corps exultent, l’effort procure mille bienfaits, les esprits voyagent, jubilent…avec un flot de sensations diverses et variées selon la disposition d’esprit de chacun… quel bonheur, quelle béatitude d’aller ainsi par nos chemins de traverses, dans cette campagne si généreuse. Après quelques heures dans ce paradis de nature, le repos chez soi devient comme une belle idée de bonheur facile et de complicité avec les éléments...le bien être de son corps et de sa tête, l’équilibre et l’harmonie.

Un matin de printemps dans le Brionnais.

Marcel

Le billet